Echos du TchadopinionTchad

« Nous sommes tous Sara. Nous sommes tous esclaves. », Charfadine G. Salimi

Tout Tchadien authentique a quelque chose de Sara et du pays Sara en lui: un lien de famille, une amitié sincère, de la reconnaissance envers un enseigant, un médecin ou tout simplement un voisin. Je garde personnellement des souvenirs bouleversants de mes années en « Pays Sara »: mon école Catholique à Sarh où j’ai reçu la meilleure instruction, du médecin dévoué de famille, de l’ordre, de la discipline et de la propreté qui y règne dans cette cité. Les Saras sont tout sauf des « Houmars », les Bourricots ne sont pas les Saras. Cette sortie ethnocentrique et raciste de ce petit fonctionnaire nous a donc tous heurtées et choquées au plus profond de nous même. Mais attention, le mal est profond et entretenu à un haut niveau de l’Etat: népotisme généralisé, régionalisme exacerbé et impunité à tous les étages. La « polémique Amine » n’est donc qu’une goûte d’eau dans un océan de préjugés politiques et de haine institutionnalisée.

 Que faire ?

Faire confiante à l’intelligence collective des Tchadiens et à leur volonté de bâtir une société démocratique, unie et solidaire où les différences sont sources de force et de richesse. L’immense émotion de la Tchadosphère et la demande de pardon du sieur Amine est un pas positif et cela prouve la force des reseaux sociaux dans la prévention et la lutte contre la haine tribale instaurée depuis 30 ans.

 Dans un Tchad au fonctionnement normal, cet individu aurait évidemment été radié pour l’exemple du corps de la fonction publique et condamné. Mais rien de tel ne sera fait par le procureur du MPS, qui, lui, en vrai « esclave » ne défendra par réflexe pavlovien que ses maîtres. On se souvient des propos d’un ministre du gouvernement, M. Ahmat Bachir, qui avait traité les Toubous « d’animaux » après la révolte de Miski et annoncé lors du massacre de Ngueli vouloir « consoler » les Kredas sans oublier le sermon confessionnel imposé manu militari. Cet individu est l’archétype de ce que le MPS produit de plus abject: incompétent, violent, ethnocentré et vulgaire. S’acharner sur le pauvre Amine après avoir demandé pardon est légitime mais avoir le courage d’aller jusqu’au bout du mal relève de la dignité.

 Signé un esclave, mais depuis 30 ans.

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