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Opinion : Tchad, 1960-2016 et si on avait refusé (du moins très tôt) l’indépendance, la situation globale serait-elle différente à celle d’aujourd’hui ?

Ma réflexion du jour : Tchad, 1960-2016 et si on avait refusé (du moins très tôt) l’indépendance, la situation globale serait-elle différente à celle d’aujourd’hui ?

 

Après 56 ans d’indépendance, qu’a t-on fait exactement pour assurer le progrès et le développement économique, politique, éducatif, social, sanitaire et bien dans d’autres domaines ? Quel bilan pouvons nous faire après plus d’un demi siècle d’indépendance ? Que devrions nous faire pour l’avenir ? Voici quelques chiffres non exhaustifs .

 

1- En 1960, le Tchad comptait 3.002.596 habitants, contre 13 millions aujourd’hui. Cette forte croissance démographique dont la population s’est multipliée par 13 fois en 56 ans traduit un taux de natalité fort et accéléré plus rapide que le taux de la croissance économique. La capitale dont sa population s’élevait à 65.356 habitants en 1960 contre plus d’un million d’habitants aujourd’hui. Résultat d’un taux de croissance forte et accentuer par le phénomène de l’exode rural, conséquences de la guerre, pauvreté, absence ou mauvaise politique d’urbanisation et de population. Cependant si on traduit cette population même par son taux élevé d’accroissement, le ratio population/superficie du pays, le Tchad demeure l’un des pays beaucoup moins peuplé ;

 

2- En 1960, le PIB du Tchad s’élèvait à 550 millions de dollars $ contre 14,6 milliards de dollars $ en 2016, une grande performance de la croissance économique donc du PIB était réalisée après l’exploitation du pétrole. Conséquence le Tchad connaît un grand retard de son développement économique notamment par la faiblesse de son PIB comparé à d’autres pays dans la même situation au départ ;

 

3- En 1960 le Tchad ne comptait aucun professeur agrégé en en sciences économiques, droit, ingénierie, sciences sociales…et en 2016 aucun dans les domaines cités, sauf deux en mathématiques, trois en droit quelques rares en médecine (environ une dizaine). Une centaine de bacheliers en 1960 contre des centaines de milliers aujourd’hui. Une seule Université jusqu’à dans les années 2000 mais une dizaine aujourd’hui. C’est un progrès mais demeure relatif. Après 56 ans d’indépendance l’organisation des formations de niveau doctoral est le plus faible en Afrique même si la construction des infrastructures éducatives de niveau élémentaire, secondaire avait connu une évolution rapide depuis 2003.

 

4- En 1960, le Tchad ne comptait aucun colonel, général mais en 2016, ils sont plus de dizaines de centaines, plus nombreux que les professeurs agrégés toutes disciplines confondues. Cela peut s’expliquer par la désintégration de l’armée nationale suite à des nombreux conflits militaires, rébellions depuis 1960. Conséquences, les différentes politiques d’une véritable armée nationale connaissent de difficultés d’être traduites dans la réalité. Aujourd’hui l’armée tchadienne grâce aux revenus pétroliers et autres ressources bénéficiaient d’un budget important. Ainsi ration des dépenses militaires rapporté au PIB est le plus élevé au monde en général, 7% contre 2 à 4% pour les autres. Une grande armée très budgétivore dans un pays pauvre ;

 

5- En 1960, la pauvreté touchait presque toute la population et aujourd’hui bien qu’elle a diminué autour de 55% sans le taux de la misère, elle est aujourd’hui une préoccupation majeure de politiques publiques;

 

6- Au niveau de la formation et qualité de la santé publique, par exemple en 1960, le Tchad ne disposait aucun cardiologue et paradoxalement après 56 ans d’indépendance il ne compte deux cardiologues pour 13 millions d’habitants. Depuis 2003 si le nombre des hôpitaux, centres avait beaucoup augmenté mais il manque assez de médicins qualifiés, l’existence et la qualité des laboratoires et des recherches en médecine sont moins performantes ;

 

7- Depuis 1960, sur 6 présidents arrivés à la tête de l’Etat, 5 étaient arrivés au pouvoir par la voix de violences (coup d’Etat, rébellion armée…). Cette situation est la principale source des guerres, conflits, instabilités du pays et de la déliquescence de l’Etat. Plusieurs dizaines des conflits et guerres ont ravagé le pays.

 

Conclusion : après 56 ans d’indépendance, les tchadiens n’ont pas pu construire véritablement un Etat stable, solide et durable, une économie diversifiée et prospère, l’instauration d’une véritable démocratie, Etat de droit, d’une nation, des valeurs républicaines. Ils n’ont pas pu évier de nombreuses guerres, des conflits armés…qui ont détruit les structures de l’Etat, de la société… Les replis identaires étaient de plus en plus visibles dans la société et même dans le fonctionnement de l’Etat.
56 ans après l’indépendance, la majorité de tchadiens n’ont pas accès aux services de base (éducation, santé, eau potable, habitat adéquat, transport…) et de meilleure qualité.

 

Alors à quoi a servi l’indépendance après 56 ans ?

 

Kebir Mahamat ABDOULAYE

 

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